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Saison 2020-2021

 

 

 

Plans d'entraînement

 

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Publié par Mathias

La véritable histoire de la SaintéLyon 2009 , voir quelques photos ici

Habitant Lyon depuis bientôt deux ans et ayant donc entendu parler de cette course (mythique, pour les gens de la région) depuis presque autant de temps, je ne pouvais pas ne pas m’y frotter un jour… La course de 2008 n’a pas été envisagée du fait de la proximité du marathon de Florence, autre très belle aventure sportive et humaine … La fin d’année 2009 étant libre, je sautais sur l’occasion pour inscrire la Saint-Etienne – Lyon à mon calendrier … Plus on est fou, plus on rit, c’est bien connu … L’idée m’est donc venue de proposer ce fabuleux challenge à mon amie Sophie … Il a fallu présenter la distance (70 kms) , l’environnement (les montagnes lyonnaises) et la particularité de la course (départ à minuit) avec  le plus de délicatesse possible afin de ne pas la brusquer et de ne pas lui faire peur … J Halala, il en a fallu des mails dans les quels étaient décrits les sentiments qui nous animeraient à la fin d’un telle course et la fierté qui en découlerait … Et un beau jour, la réponse tomba : ‘je suis folle mais j’accepte de t’accompagner sur cette course’… Quel bonheur !!! Il était de tout façon très clair que le seul objectif était de terminer la course avec un départ ensemble, une course ensemble et une arrivée ensemble…
Le temps de la préparation arriva donc rapidement. 8 semaines avant le rendez-vous nocturne fixé au 6 décembre 2009, départ à 0h00. Il en a fallu du courage pour sortir s’entrainer 4 fois par semaine et souvent le soir dans la nuit … et sous la pluie … Nous avons effectué une préparation assez proche, Sophie optant pour des sorties longues (jusqu’à 4 heures) pendant le week-end alors que je privilégiais le dénivelé. Les habitants du quartier de Fourvière vont se souvenir longtemps d’un jeune homme en collant noir qui montait et descendait sans discontinuer les marches et les pentes du quartier le dimanche matin … La préparation s’est passée convenablement, bien plus simple et plus cool que la préparation d’un marathon … vous avez dit rassurant ? Non, pas trop ! Car notre idée de départ de courir en 10 kms/heure impliquait un temps de course d’au moins 7 heures … or je n’ai pas dépassé 3 heures, alors que Sophie et son fidèle accompagnateur JP parcourait de long en large le parc de St Cloud … Alors oui, j’ai un peu douté de la préparation, bien que celle-ci vienne du site internet de la course …
Jour J … enfin !!!
Arrivée de Sophie à la gare Perrache le samedi 5 décembre.  Petite entrevue fort agréable avec une dame de la SNCF m’assurant avec conviction qu’il n’y a pas de grève et qu’on peut donc se rendre tranquillement à St Etienne en TER. Sophie est forme. Moi je suis patraque, je n’ai rien mangé de la journée (à part deux œufs au plat) et je suis (déjà) fatigué … Ouf, une petite tête sous de l’eau froide et quelles minutes plus tard, ça va un peu mieux. Départ pour St Etienne en TER après avoir trié nos tenues (pluie ou pas pluie) et aussi toutes les victuailles que l’ont souhaite manger en chemin cette nuit (sucré et salé, donc). Arrivés sur place vers 18h30, nous récupérons nos dossards puis passons à table pour la pasta Party … Fin du dîner vers 19h30, petit tour dans le hall voisin pour regarder le concours de la plus belle vache et … qu’est ce qu’on fait jusqu’à 24h ??? Bonne question … Heureusement, Sophie nous dégote un petit coin de paradis, enfin un petit coin du Hall des Sports sans sono (ou presque) et avec un chauffage juste au dessus de nos têtes… parfait …. Rien de tel pour dormir… ce que je fis bien volontiers …

Réveillé et en pleine forme, il est l’heure de s’afférer et de se vêtir. Une petite inquiétude nous envahit car il pleut un petit peu dehors. Ouf, ça s’arrêtera avant le départ et pas un grain de pluie pendant la course … Vous avez dit chanceux ?

Puis l’heure H a sonné … et c’est parti pour X heures de course à pieds !!!

Le départ est assez plat mais pas mal de monde nous entoure. Petit bouchon quand arrive les premières montées. Beaucoup de gens rient et discutent encore … patience dans quelques kilomètres, ça sera le calme absolu. Entre course à pieds et marche dans les côtes, nous sommes au 16è km en près de 2 heures … si on continue comme ça, on en a pour environ 10 heures …

Les ravitos se suivent, toujours beaucoup de monde mais on réussi à voler quelques Tucs (enfin, pas des vrais Tucs, des Tucs de petite marque … Sophie me proposa d’ailleurs d’écrire une lettre pour se plaindre … J). Petit thé ou petit saucisson qui font du bien aussi, puis plus tard petite soupe …

Nous sommes au 34è km en environ 5 heures … courage plus que 35 …

Nous continuons donc gaiement, ou presque. Nous nous émerveillons devant le ver luisant que nous formons tous avec nos lampes en nous suivant. Nous nous énervons (un peu) contre les coureurs en relais qui passent sur notre gauche en criant ‘relais’ et en s’imaginant qu’après 50 kms de course on est encore assez frais et qu’on a le cerveau encore assez rapide pour se déplacer tout de suite sur la droite. Nous nous enfonçons dans les quelques parties boueuses du parcours.

Tiens, une montée !!! Bon, bah on va marcher, hein … ???

Tiens, un peu de plat … on trottine un peu ???

Plus que 20 kms et voilà qu’une joie immense me remplit. Je suis remplit d’émotion soudainement. Je nous trouve alors intouchable et je comprends qu’on réussira à aller au bout. C’est vraiment bizarre et étrange comme sensation. Non, je n’ai pas douté au départ qu’on réussirait à finir. Je n’ai jamais douté. Mais là, ça y est, c’est encore plus fort, plus vrai. On touche au but … merde, que c’est bon !!! J’ai une sensation de bien être totale, une osmose parfaite, avec moi-même, avec Sophie et avec la nuit qui nous entoure. Même si on ne parle pas beaucoup, chacun de nous sait que l’autre est là et qu’il peut compter sur lui pour le pousser, le soutenir jusqu’à l’arrivée… Franchement, des moments comme ça on en redemande. Même s’il est vrai que les jambes commencent à tirer un peu. Rien n’y fait, je suis heureux et je sais qu’on ira au bout.
La fin est un peu longue entre le petit tour par Fourvière, la longue descente pour atteindre les berges de la Saône puis du Rhône et enfin les quais du Rhône. Ces quais que je connais par cœur et sur lesquels je me suis entrainé. Ces quais sur lesquels j’ai beaucoup souffert lors du marathon de Lyon 2008. Ces quais qui sont le moment redouté de la course. C’est tout droit, tout plat sur quelques kms, l’arrivée est proche mais on ne la voit pas et les jambes tirent un peu.
Allez, courage, on y est presque.  Courage plus que 100 mètres et … voilà !!
C’est fait !!! Course achevée en 9h… Neuf heures qui auront défilé sans qu’on s’en rende vraiment compte.
Ça c’est fait …  Petite douche puis … le réconfort, bien mérité.
Non je ne parle pas du saucisson, ni même des babybels… mais d’une belle bouteille de champagne, bien fraiche qui nous attendait…. Ça valait la peine de finir la course quand même, non ? Y a pas tee-shirt Finisher, là … ??? J
Merci Sophie de m’avoir accompagné durant cette course, cette épopée.
Repose toi bien, j’ai déjà quelques idées de beaux défis qui nous attendent …
Mais chuuuttt, je ne t’en dis pas plus et te laisse savourer, comme je le fais moi, cette belle victoire et cette belle course.
Merci beaucoup à ma première supportrice… Seule Sophie la connait, pour le moment … je ne désespère pas de la faire devenir adhérente à Route 109 … J
Et merci à toutes et à tous pour vos messages d’encouragements et de félicitations. Quelle bonne idée ce carnet !!! J’ai vraiment savouré la lecture samedi !!!
Merci.

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bernard 11/12/2009 20:39


Bravo à tous les deux pour les 2 x 69 km de message.

J'avoue que j'ai pas tout lu;  je me suis fait un claquage au 2ème paragraphe.

Alors prochaine distance ; 120 Km de nuit , pieds nus sur des tessons de bouteille ?

Bravo encore une fois et quelle complicité !



sophie 11/12/2009 11:30



pour quelques km de plus ...

C’est un mail qui arrive un jour et qui  aiguise votre curiosité, d’abord vous tentez de l’ignorer tant la proposition semble loin de votre ambition, loin de votre audace. Et puis c’est une
histoire d’amitié qui s’installe, des mots qui savent atteindre votre réserve, votre sagesse, votre rationalité et qui petit à petit percent la carapace. C’est une histoire de Ruinart et de de
Sèze qui finit par l’emporter sur tout. Alors on remplit le bulletin, on le poste et à peine revenu de là, déjà les regrets, la peur, le réveil brutal, qu’ai je fais, dans quoi me suis-je
engagée.


Cette course c’est tout ce que je déteste, le froid, la nuit, l’obscurité, c’est plus long que tout ce que j’ai fait à ce jour


En parler un peu pour prendre conscience mais pas trop et croire encore qu’il est possible de revenir sur cette décision. Et puis le
temps passe, et il faut déjà s’inquiéter du programme, du travail à accomplir pour être prête le moment venu.


Et les séances démarrent, lentement le corps prend son rythme, les cadences s’imposent et les semaines défilent. Parfois un mail venu
de là-bas pour prendre des nouvelles, pour savoir si tout se passe bien, à distance mais en harmonie totale. Le temps avance et les esprits se rejoignent, les premiers doutes, les premiers rêves
aussi. Les listes de choses à faire, le sac, les vêtements, la nourriture, lire le tracé encore et toujours, trouver des repères, vivre la course mentalement, penser chaque heure et tenter de
deviner à quel moment tout cela deviendra difficile, impossible, désespérant. Le plus tard possible, le plus prés possible du but.


Et puis nous y sommes 3 jours et ce sera le moment. La pression monte, l’esprit fait et refait la course plusieurs fois,
l’esprit s’imagine, tente de prévenir ce qui peut l’être encore. L’esprit est définitivement ailleurs et à hâte d’en découdre. Les mails que nous nous échangeons témoignent de notre excitation,
de notre angoisse. Les dernières embrassades des amis de route, et la solitude viendra, celle qui nous entoure, nous les coureurs au moment d’entrer dans l’arène.  


Jour J grosse pression, gros stress. Seule à la maison avant de rejoindre mon complice, je tourne en rond et pense trop. J’ai peur
comme jamais, je sais qu’une fois partie en course j’oublierai tout cela et n’aurai comme objectif, comme obsession que de finir, passer la ligne d’arrivée.


J+1 alors que la fatigue et l’état second commence à s’estomper, il faut bien réaliser que nous l’avons fait notre 69 km. C’est
étrange  aujourd’hui  je ressens une douce sérénité. Après la grande peur le temps de savourer, et de se
remémorer ces heure d’attente, de pression, de course et d’après. Je suis contente de l’avoir fait, d’avoir mené à terme ce projet mais je ne ressens pas d’excitation particulière. Sans doute un
peu de fierté au fond de moi, après avoir tant  douté de mes capacités. C’est étrange ce calme après la tempête intérieure.


J+3 le corps est reposé, les muscles de moins en moins meurtris, seul l’esprit reste capté par le souvenir de cette folle nuit. Avec
le recul, cela devient vraiment fort. Par mail nous continuons à évoquer notre aventure ;  Heureux de l’avoir partager, heureux de la confiance
mutuelle que nous avons placée en l’autre et qui n’a pas failli.  Cela restera un moment fort.



Marilyn 11/12/2009 11:06


Whouah !!!! quel récit. J'imaginais déjà assez bien le périple mais là j'ai vraiment l'impression de vous avoir emboité le pas... enfin, en rêve bien sûr !
encore bravo à tous les deux !