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Saison 2020-2021

 

 

 

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Publié par Bounty et JP

From JP: Voici l’histoire d’une amitié liée par la préparation du marathon de Paris 2006 entre la miss Bounty et le Pirate :

Après avoir réussi notre marathon de Paris, nous nous demandions quel serait notre prochain défi. Après quelques réflexions, je propose à Marielle une course de oufs, La Grande course des Templiers, une ballade 68 kms avec quelques montées et descentes, le pied !!!

Tout de suite la miss est emballée. Inscription en juin et nous voila prêts pour une nouvelle aventure. Mais il manquait le couchage pas de problème, JP s’en occupe avec ses potes. Problème, la course a lieu dans un petit village et la capacité hôtelière est restreinte. Je trouve une chambre pour deux. Mais je fais très discret . Je n’en parle pas à Marielle…

Début septembre nous commençons l’entrainement. Et là, on s’est vraiment pris au jeu : Sortie mardi, mercredi, jeudi. Dimanche sortie longue (jusqu’à 3h 30). Durant toute la préparation l’ambiance est vraiment top. Chacun est au petit soin pour l’autre, s’encourage, porte l’eau, les ravitaillements… J’en profite pour remercier tous ceux qui nous ont supportés dans cette épreuve, famille, amis, ainsi que Route 109.

Le grand moment approche, chacun ressens des douleurs, aux mollets, à la cheville et surtout à la tête (Quel stress !!!) Et puis enfin le jour J arrive. Après un réveil très matinal, tu m’en veux pas Marielle pour les ronflements. Seule réponse : ce soir je dors seule !!!! Comme point de départ pas terrible !!!! Petit déjeuner servi à l’ hôtel. Départ vers la course avec les copains.

5 heures du matin 2500 fêlés trépignent d’impatience. Chacun avec sa luciole sur la tête. La musique d’ ERA commence à retentir, nous en avons la chair de poule. Quelques larmes d’émotion. Coup de canon : départ vers l’inconnu. Marielle trace, je la suis. Première difficulté, tout va bien. Notre préparation a l’air bonne. De suite nous respectons nos ravitos, Squeezy pour le pirate, dextrose pour la miss.

Nous passons par des sites magnifiques mais pas trop le temps de s’extasier. Premières photos, c’est toujours OK. On enchaine montée, descente, marche et course. Le moral est bon. Vers le 27ème kms Marielle prend de l’avance. Nous nous perdrons ici mais je maitrise ma course. Arrive pour moi le 35ème kms, nouvelle descente à travers champs avec des pierres.

Me sentant de plus en plus à l’aise je me lâche. Et là, un moment d’inattention et le genou droit tourne. De suite, j’ai ressenti la douleur. Je m’arrête 30 secondes pour constater les dégâts. Je bouge mon genou, je fais une flexion. Je décide de repartir mais la douleur est trop vive. Je m’arrête au point de secours. Une personne de la Croix Rouge m’examine, regarde mon genou, et le verdict tombe, Arrêt, c’est fini pour moi. Et là, malgré le fait que ça ne soit qu’une course , je fonds en larmes. J’avais prévu tous les scénarios mais pas celui-ci. Pour moi c’est donc la fin de l’aventure ???!!!! Mais dans ma tristesse je me promets que l’année prochaine je finirais.

Je retourne au point de départ avec la navette de bus. Je commence à voir arriver les premiers. J’aperçois Francis, le mari d’Anne. Même pas fatigué, quelques étirements et le voilà frais. Arrive ensuite Xavier, puis Luc. Nous restons en attente de la miss, cela fait déjà 13 heures. Je m’inquiète… Et d’un seul coup nous apercevons dans la montée le maillot orange de Route 109. Malgré l'entorse je cours à sa rencontre et accompagne la miss jusqu'à la ligne d’arrivée. Nous pleurons dans les bras l’un de l’autre.

Tout cela est tellement beau !!!!! Car malgré mon arrêt j’ai vécu une aventure inoubliable , avec une véritable Amitié. Merci Marielle pour tout le bonheur que l’on a pris. Et en route pour de nouveaux challenges !!!!!
JP

From la Miss Bounty:

GRANDE COURSE DES TEMPLIERS 2006 - Dimanche 29 octobre 2006 :
A toi JP, pour ta générosité.

Après une courte nuit (mais non JP je ne t’en veux pas, mais quand même, ça n’est pas humain ce ronflement, un animal sommeille en toi !!!!!) Nous voici en tenue dans le village de Nant. L’heure du départ approche. Les frontales sont de rigueur et la tension est à son comble car pour un premier trail, je n’ai évidemment pas choisi le plus facile, c’est tout moi ça, tout dans l’excès….

*Stratégie de course : Courir dans les parties plates et dans les descentes. Adopter un rythme rapide de marche dans les montées, surtout ne pas courir pour ne pas trop se fatiguer.

5H30 : Quelques accolades chaleureuses et le coup de canon retenti accompagné des feux de Bengale couleur rouge et de cette musique qui prend aux tripes. Nos regards floués par quelques larmes se croisent une dernière fois et c’est le grand saut vers l’inconnu… Sortie du village, des centaines de spectateurs nous encouragent, puis tout de suite le ton est donné par cette première montée sur Comberedonde avec premiers bouchons. Mais tout va bien pour nous. Je me dis que notre préparation a été sérieuse… Mais au fond quelque chose me tracasse, ces fameuses barrières horaires….

Nous traversons une ancienne voie de chemin de fers pendant que le jour fait son apparition et puis rapidement le premier point d’eau au 14ème Kilomètre (SAUCLIERES). Juste le temps de recharger le CamelBack et c’est reparti sur le très beau plateau des Causses. Mais déjà s’annonce la première difficulté, la montée vers le ST GUIRAL. Je suis toujours en compagnie de JP, Mais je sens que je ne suis pas dans mon rythme et j’ai des doutes sur notre *stratégie de course, et si nous étions trop prudents !!!

J’attends JP une première fois, mais vers le 27ème Kilomètre, je décide de ne plus m’arrêter car je sais qu’à cette allure nous ne passerons pas la barrière horaire de DOURBIES au 36ème Kilomètre que nous devons atteindre avant 12H précises. Je continue donc en espérant que JP s’accrochera… L’ascension vers le ST GUIRAL est faite d’une succession de portions raides et plates, mais vraiment cassantes. (J’ai une vue en contrebas sur la course, mais plus de signe de JP…).

10H15 : Enfin le sommet, ouf !!! Première grosse difficulté est avalée. J’arrive même assez fraîche et passe dans le temps imparti (à -15’). Mais il faut encore atteindre DOURBIES à 7 Kilomètres de là. J’arrive dans le petit village à 11H48, sous la chaleur, les encouragements du public venu en nombre (merci aux copines de JP pour leurs sourires, ça fait du bien à ce moment de la course) et surtout en hypoglycémie (à -12’). La descente était très technique, j’y ai laissé des forces. Je me jette sur le coca-cola, les dés de gruyère et les fruits secs, miam-miam…

Je repars presque aussitôt et attaque avec la plus grande peine la montée sur la CRETE DU SUQUET, ça devient dur de relancer, j’ai du mal, mon rythme cardiaque est élevé à l’inverse de ma progression. L’heure tourne (non Marielle, il ne faut pas douter !!! surtout pas maintenant). Je m’accroche, je décide de me concentrer sur le paysage, je pense à JP et à nos promesses (dans les moments difficiles, se remémorer ce triathlète en fauteuil, sa passion et son courage dans les épreuves… alors, nous n’avons pas le droit d’abandonner…)

Tout cela me redonne le moral et finalement la descente se profile, vertigineuse, mais je sais que la seule chance que j’ai de continuer cette aventure c’est de dévaler cette pente le plus vite possible. Je prends tous les risques, je dépasse nombre de coureurs pas vraiment conscients de la limite horaire ou bien trop fatigués pour accélérer, mais vu l’heure, je me doute que tous ces concurrents seront éliminés à TREVES. Tant d’efforts pour ça !!!!

J’arrive éreintée au bas du village, talonnée par quelques autres courageux, un organisateur attend, barrière à portée de mains. Mon cœur bat la chamade, je ne suis plus très lucide, qu’elle heure est-il exactement ? Va-t-il poser sa barrière devant moi et anéantir tous mes espoirs ? En fait, il m’adresse un sourire et m’indique qu’il me reste 4’ pour le pointage qui se situe à 200 m de là dans le village. Je lui lance un « Merci Monsieur » reconnaissant. Je l’aurais bien embrassé, mais 4’ c’est trop court !!!!

Je prends le temps de me ravitailler et je pense à mon Pirate, je suis presque sûre qu’il ne passera pas dans les temps et ça me rend triste. Mais il faut continuer. Un bénévole m’explique que la prochaine barrière horaire est plus large pour arriver au prochain point de contrôle, je suis donc plus sereine et attaque cette avant dernière portion le moral au beau fixe. J’arrive à ST SULPICE dans les meilleures conditions avant la montée du ROC NANTAIS qui est à mon avis la partie la plus dure techniquement. Mais je n’ose avouer qu’à ce moment de la course je savais que sauf blessure, j’y arriverai…

Au menu, caillasses, rochers, puis descentes en rappels, etc.… ça fait mal aux muscles, aux orteils, mais je tiens bon. J’aperçois du haut, le village de NANT, j’entends le speakeur, mais il faut rester vigilante, le terrain est dangereux et la moindre erreur serait fatale. Puis enfin l’entrée dans NANT. Dans le premier virage j’aperçois JP qui vient aussitôt à ma rencontre, je sais évidemment qu’il n’a pas fini, je suis tellement déçue pour lui.

L’émotion est trop grande, nous pleurons. Il m’escorte jusqu’à la ligne d’arrivée où m’attendent photographe, spectateurs et Tapis rouge. Quel bonheur ! Je suis finisher après 13H12’ d’effort. Ca n’était pas raisonnable, mais j’ai réussi mon défi, et vu la longueur et la difficulté de l’épreuve cela tient presque du miracle !!!!
 

Merci à toi Pirate pour ton amitié, merci à toi Bernard pour tes encouragements sans limite, merci à ceux qui m’ont soutenu dans mon aventure, et un grand bravo aux spectateurs et bénévoles de cette grande course des templiers 2006 qui sont dévoués et super sympathiques.

Ce fut une course difficile, mais les paysages sont somptueux, il y a toujours quelqu’un pour vous encourager, soit dans le peloton soit dans le public. Le temps a été idéal. J’ai adoré cet esprit trail, cette gestion particulière de l’effort. Mais surtout que d’émotions !!!! c’est grâce à toi JP !!!!

Marielle alias Miss Bounty

HORAIRES ELIMINATOIRES POUR LES TEMPLIERS 2006 :

. SAUCLIERES - 13,5 KM * 7H45
. ST GUIRAL - 29 KM * 10H30
. DOURBIES - 36 KM * 12H
. TREVES - 45 KM * 13H30
. ST SULPICE - 57 KM * 16H30
. NANT - 67 KM (pas de temps éliminatoire)

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G
Bravo a vous ! sympa ce blog, et en plus on partage les meme passions... j'administre un petit blog pour une equipe de coureur qui participe cette année au marathon des sables pour soutenir une association... hésite pas a aller y fair un petit tour...

www.teamglobules.com
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M
Bravo à tous les 2.
A la lecture de ces 2 récits, l’émotion me gagne …
Au delà de la performance sportive, quand la volonté permet de se dépasser dans une lutte acharnée pour aller le plus loin possible et pour finir, c’est l’exploit humain qui fascine.
Il est magnifique de constater que dans les pires moments de difficultés personnelles, chacun d’eux pensait à l’autre, c’est une histoire humaine fabuleuse.
Alors quand on connaît les turpitudes actuelles que vie l’association, problèmes dictés par des intérêts individualistes, je me dis que ce groupe n’est pas voué à disparaître, car ce qui vous anime au delà du sport, c’est l’Humain.
Tant que vivra cet esprit, vous irez au bout du monde. Vous pouvez être fiers de vous.
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A
Quelques fois, je m’interroge sur la finalité de cette débauche d’énergie :
La santé, la forme, le défi, le plaisir, les autres. Je ne cherche pas trop longtemps une réponse à cette question là et quand le poids des chaussures est trop pesant, je passe mon tour et j’attends au détour d’un chemin, d’un ciel sans nuage, d’une température clémente, d’un projet, l’appel de l’asphalte et je repars. Aujourd’hui, plus encore c’est la question de savoir si ce qui est entrepris est juste, compris, utile, fidèle qui occupe mon esprit. Il y a trop de cahots, trop de griffes sorties, pour que la sérénité soit intacte, pour éviter au doute de s’installer et pour chasser l’envie de tout laisser en l’état et de reprendre ma liberté. Certaines belles idées sont trop dures à défendre, trop altruistes dans un monde individualiste et replié, trop vite travesties ou déformées à des fins mercantiles ou intéressées.
Il y a cependant quelques épiphanies sur cette route, quelques rencontres, quelques regards, qui réchauffent et encouragent. Il y a des témoignages comme celui-ci qui donnent matière vivante aux utopies. A la lecture de cette épopée, je sais que la vérité est là, sans calcul, sans mesquinerie ni hypocrisie. Que ce qui a été construit et partagé là, est indestructible, c’est de la force et de la beauté unique du diamant. Plus que l’exploit sportif, ce qui éclate ici, c’est ce que ces deux fous furieux ont partagé, échangé. Leur peur, leur émotion, leur doute, une solidarité incroyable, ensemble quoi qu’il arrive, sans accrocs, sans retenue.
C’est du respect, de la joie, une vive émotion, que je ressens à la lecture de ce récit. Et renaît en moi la flamme, l’envie de poursuivre, de lutter pour que le plaisir partagé soit toujours le seul moteur. Pas d’autres enjeux que celui là quoi qu’on en dise.
Merci
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J
que d'émotion ! j'ai les larmes aux yeux et suis très fier de ce que vous êtes. l'aventure continue et après le marathon d'Annecy, rendez-vous à Marvejols...
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M
Cette belle amitié m'émeut vraiment et l'émotion est encore une fois au rendez-vous.
Bravo à vous deux.

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J
Et dire que je trouvais le temps long en attendant le résumé de vos escapades en couple. Eh bien cela valait vraiment le coup d'attendre car que d'émotion dans vos propos...



Bravo encore à la Miss Bounty (je préfère les "Mars" personnellement) et à notre pirate JP pour votre exploit et pour votre merveilleux récit. Il fallait être fou pour se lancer dans une telle expédition que celle des Templiers et vous l'avez fait.



Tout Route 109 est fier de vous et nombre d'entre nous espérons bien vous accompagner un jour dans de telles aventures. On s'y croirait et cela donne envie de se dépasser pour vivre de tels moments.

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