Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Saison 2020-2021

 

 

 

Plans d'entraînement

 

Archives

Publié par R109

Voilà tout le monde l’attendait celle-là mais il y a des week-end où ça ne veut pas, c’est comme ça. Bref, l’année 2018 s’était terminée en apothéose après l’expérience victorieuse et fort sympathique du Grand Trail des Templiers où malgré des crampes qui m’avaient saisi à deux reprises et un épisode de vertige sur la côte du Pouncho d’Agast, je n’ai jamais douté de ma capacité à finir. Pour ce Grand Trail tout avait été initié en 2018 par Christophe L. et l’intendance organisée par Christian et Laurence. Grâce à eux, une frontale et des bâtons en prêt, j’étais arrivé au bout (78 km, 3600m D+ en 15h32 minutes ; tout à la main et sans déviation). 

 

Quand on a parlé de Trail long en décembre dernier avec Simon S., j’ai fini par m’inscrire sur l'Endurance Trail, épreuve de 105 km et 4600m D+ comme annoncé au départ. Malheureusement, cette année je me suis blessé après les 80 km de l’Ecotrail de Paris (11h30) et un premier 100 km test en avril sur un terrain plus facile où j'ai abandonné. Mon tendon d’Achille droit était en vrac jusqu’à mi-août et il n’y a pas eu de préparation d’été en dehors des exercices de reprise, bien que j’eusse pris l’option d’aller travailler en trottinant et en marchant pour augmenter le volume. Finalement en septembre, j’ai repris l’entrainement normal avec de nouveau des sorties longues mais certainement pas assez de renforcement musculaire et de travail de côtes car toujours à cause du tendon j’y allais doucement.

J’ai quand même fait les randos-trail du week-end dont le Maratbleau le 14 septembre (45 km, 1200m D+) que je n’ai pas fini (24 km 600m D+ en 4h10) pour cause de partenaire défaillant aussi et le trail de Saint-Pry (30 km, 1200m D+ en 4h20) que je recommande. Tout cela pour dire que je suis parti à Millau avec seulement 580 km de préparation incomplète en 3 mois à comparer au 700 bornes réalisées l’année précédente.

 

Bon du fait de ma blessure je ne me suis préoccupé du logement qu'à la mi-septembre. Bien évidemment tout était complet, mais avis aux amateurs car il y a énormément de désistements dans les hôtels les 15 jours précédents la course. Donc, tout est possible ! Et puis la vue depuis la chambre du Mercure était sympa.

 

Enfin, départ en direction de Millau le mercredi après-midi avec une étape à Yssoire de façon à faire un minimum de km le jeudi et récupérer le dossard le plus tôt possible pour faire une bonne sieste l’après midi. A 19h00 on s’est retrouvé au restaurant de l’hôtel avec Christophe pour le menu du coureur (penne bien sûr). Là petit couac on a attendu 1h00 avant d’être servi. Cela nous a cependant permis de discuter avec nos voisins de table et comme ils avaient prévu de rejoindre le départ en voiture à 3 km de là, nous nous sommes donné rendez-vous à 3h15 pétantes foi d’alsaciens (pour le départ de la course à 4h00 du matin). Une fois arrivé dans ma chambre à 21h30 j’ai trié et préparé mon équipement. Réveil à 2h38, le temps de prendre une douche, de crémer les pieds et autres zones de frottements avec la crème Nok et le sparadrap sur les tétons, de remplir le camelback et ma flasque souple avec 2,5 litres de boisson d’effort (cette année pas de jus de raisin salé). Je descends prendre le petit déjeuner à 3h05.

 

A 3h30 du matin, nous voilà sur place. Il fait doux environ 13-15°C. J’ai même enlevé ma veste. 4h03, le départ est donné avec 3 minutes de retard !! Si le maire de Millau est là, les gendarmes ont eu plus de mal à se lever. Et hop c’est parti, les flambeaux s’allument, je mets mon chrono en route, je range mon téléphone, j’enlève mes lunettes et j’essaye de partir doucement. Bon pas très facile, je me suis laissé emporter sur les 3 km de plat de route du début de course. Enfin, je suis quand même vers la fin du peloton (environ 1000ème/1500) car une de mes chaussures n’était pas bien lacée. C’est là que j’ai dû perdre mes lunettes qui auraient dû être bien au chaud dans une poche de poitrine. Sur la route, Simon me rattrape. On discute un peu le coup puis il s’envole. 

 

Début de la côte de Carbassas (bâtons interdits) où j’ai rattrapé Simon à l’occasion d’un arrêt pipi (l’erreur peut être). On attaque donc les 400m D+ sur environ 1,8 km. Il y a des contrôles en bas et en haut. Je l’ai montée à 3,73 km/h soit juste derrière Simon mais bon à la sortie tout va bien même si je sens un peu mon tendon d’Achille. 

Dans la nuit, on allonge doucement sur le plateau. Comme la dernière fois, je fais une pause technique de quelques minutes. Puis, on fait quelques faux plats montants et descendants. Cela s'est rafraîchi et j’ai des impressions mitigées, le terrain n’est pas régulier est ce que je suis parti un peu trop vite ? Mais bon après 5 km la descente sur La Cresse se dessine (j’ai du mal à me souvenir du nom exact à ce moment-là). Heureusement, ma lampe StootS, achetée pour le dernier Ecotrail est vraiment efficace. J’ai sorti mes bâtons pour aider à quelques ressauts et malgré des passages bien raides en descente, je n’ai pas de problème et cela revient même. En revanche, c’est là que je me rends compte que j’ai perdu mes lunettes ! Les boules ... Enfin, au ravitaillement qui est déjà bien razzié, il y a bien de la soupe chaude. Je remets de la boisson d’effort dans ma flasque de 500, je sens qu’il reste encore au moins un litre dans le camelback. Je repars tranquille pour la montée suivante après avoir remis mon coupe-vent car la montée est très raide et en marchant on a un peu froid. Bref, 400 m plus haut j’arrive à la route du Sonnac (en 4 km depuis La Cresse). Le jour se lève mais c’est bien brumeux et toujours aussi humide. Je ne suis pas le seul à faire des photos. Tout de suite après on revient sur le bord du plateau au-dessus du Tarn et le jour accompagné d’éclaircies permet quelques vues superbes :

 

Comme cela, en bordure par un chemin bien confortable on descend tranquillement vers Peyreleau par le même chemin que celui du Grand Trail (couru l’an dernier) mais le ravitaillement est de l’autre côté de la rivière la Jonte dans son village sœur le Rozier. Là encore, je suis surpris de trouver plein de gars musclés et semble-t-il bien affutés qui remplissent leurs gourdes et qui "masquent". Pourtant à ce moment-là, je ne me sens pas fatigué, je mange bien, bois, remplis ma flasque et un petit sac plastique avec tout le consommable possible, fromage et gâteaux secs... Je n’ai pas beaucoup bu, mais je n’ai pas plus chaud que cela ni soif. En fait, il y a déjà des abandons.

 

Dès la sortie, derrière dans l’axe le Tarn, on attaque une montée bien raide vers le rocher de Capluc que l’on contourne pour longer les falaises au-dessus du Tarn (parcours spécifique à cette course).

Sous ces roches, le parcours est assez technique, on trottine plus qu’on ne courre, cela monte et descend sans arrêt par des petits raidillons techniques mais pas glissants. C’est un chemin de randonnée (marque jaune) mais les ouvreurs ont pris un malin plaisir à faire passer par toutes les difficultés possibles, tout le monde est à la queue leu leu, on traverse une grotte, les ruines d’un village troglodyte, on grimpe encore, cela bouchonne puis on contourne le dernier chandelier et on redescend par un large chemin ou on relance plus ou moins vite (en tout cas les locaux) avant de prendre à droite dans le bois vers un verrou on sort le long du vide et quand on se retourne : il est déjà 10h50 à 813 m d’altitude environ. 

 

 

Et de là on monte et on redescend plus ou moins doucement. Je commence à perdre de vue mes compagnons ; on en a plein les yeux et plus loin à gauche Peyreleau et Le Rozier. C’était il y a 2 heures déjà.

 

Maintenant, il faut redescendre vers Truel, mais c’est long ; et en fait je commence à avoir le TFL (le tendon du fascia lata soit au niveau du genoux) gauche qui me brûle un peu. Le début du syndrome de l’essuie-glace, j’ai bien peur que cela soit la compensation de ma tendinite à droite ! Du coup, au lieu de dérouler tranquillement, je descends prudemment et pas beaucoup plus vite que je ne montais. Résultat une heure et demi pour descendre. A ce moment-là je ne vois plus grand monde surtout que le monotrace est bien technique dans les gravillons avec des virages enfin en travaillant ma foulée. J’arrive en bas sur la route pas trop cassé mais un peu raide et je finis en trottinant pour me détendre jusqu’au parking des Vautours, 11h43, 45 km, 7h39 de course, il y a plein de monde et je suis jaloux de ceux qui peuvent se changer grâce à leur suiveur. Il commence à faire chaud ! En fait, mon maillot est trempé mais la chaleur compense. Je recharge le camelback (un peu trop) avec une boisson isotonique goût menthe, la flasque, mange et puis je repars. La barrière horaire était officiellement à 12h30 et je descends tranquillement jusqu’à la Jonte, toute claire.

Derrière, il y a 20 km jusqu’à Saint André-de-Vézines sans eau mais d’abord la remontée sur le Causse noir dans un coteau bien raide sur un tapis de feuilles humides - 500m sur 3 km qui m’ont pris une heure pleine - Ouf, content à l’arrivée, mais essoufflé. Enfin, une belle vue vers l’arrière et le bas. Il est 13h00 (48 km environ).

Ensuite, il faisait bien gris et on arrive sur de larges chemins roulants, mais pas moyen de relancer. J’ai mon TFL qui se rappelle à mon (mauvais) souvenir et lorsque j’essaye de trottiner c’est la hanche droite qui proteste – donc je marche – je suis tout seul pendant 30 minutes, ensuite une grosse drache mais sous le bois j’enfile ma veste et cela passe.

En revanche, toujours pas moyen de relancer, le temps passe et on arrive sur les balcons du Causse noir (passage commun avec le Grand Trail ou comme l’année dernière la monotrace est très abimée, penche vers le balcon au-dessus du vide avec des racines glissantes partout … inutile de dire qu'à cet endroit tu ne peux que marcher. Je m’applique, mais décidément je suis nul dans cet épisode de marche.

Quelques images vers la vallée mais je n’ai pas eu le réflexe de documenter l’état du chemin (erreur) il est déjà 15h00. J’ai appelé Christophe qui devait me retrouver à Saint André-de-Vézines pour lui dire que j’étais mal parti pour arriver à temps. Bon, il me dit cela va revenir - t’inquiète - et donc j’essaye de repartir mais le chemin est vraiment bien plus abimé que l’année dernière et j’ai un peu le vertige. Je me fait doubler deux ou trois fois. Les coureurs sont bien espacés maintenant mais enfin je rattrape un gars (un Patrick) au téléphone avec sa femme. En fait il s’est tordu la cheville et il remonte péniblement le sentier pour aller au point le plus proche accessible au pompier,  mais il avait 2 km à faire. Il en reste 0,5, mais en fait il avance à 32 min au km. Et le passage de marches et de racines est vraiment compliqué. Je le tire donc sur deux ou trois passages, je vois bien que je vais être très limite sur le temps de la prochaine barrière horaire mais tant pis. En fait, je trouve le temps long bien que l’on discute le coup. Bon enfin on retrouve le pompier au km 57 et là bien que je n’ai plus beaucoup de chance de passer la barrière horaire de 16h45, je décide de finir les 7 km qui reste à la marche/course jusqu’à Saint André-de-Vézines (km 65).

Je commençais à me re-motiver, mais à peine un km plus loin je vois les organisateurs qui redescendent pour fermer la course. Bref du coup, je prends en stop la belle Land-rover rouge du pompier local avec le blessé. Ce pompier suit la course depuis près de 20 ans et il en avait vu des vertes et des pas mûres avec des coureurs trop passionnés et décidés à finir coûte que coûte. Bref, il me conduit à Saint André sur les 5 km restants où je compte retrouver Christophe. Là je vais quand même passer au ravitaillement pour rendre mon dossard. En fait, deux sur trois des concurrents qui arrivent demandent comment on abandonne car il n’y a plus de coureurs, que des marcheurs depuis plus d’une heure et demi me dira Christophe. Enfin, Christophe qui s’était avancé sur le chemin revient et il fait la dernière image de ma course.

 

Et le soir pendant que Christophe et Sylvie mangeaient leur énième plat de pâtes d’avant course, je me suis bue une énorme bière, un grand bol de soupe de poissons et un énorme burger... des parts de Massif Central … Le gros avantage, c’est que je n’ai pas d’ampoule, pas de blessure, aucune difficulté dans les escaliers et à peine des courbatures aux jambes et aux bras car les bâtons ont bien travaillé. D’ailleurs, ce lundi soir, trois jours après la course c’est quasi fini ! Bon, grosse fatigue tout de même et je n'ai pas retrouvé mes lunettes bien que j’ai fait le tour de l’organisation ce matin en repassant à Millau. Cela a été dur pour eux d’annoncer l’annulation du Grand Trail. Ils étaient encore tout traumatisés ce matin.

 

Voilà voilà !!! Bon en fait, le parcours final annoncé le matin du départ était de 107 km et 5200 M D+ . En effet, la veille au soir lors du balisage, le trajet avait été modifié avec du dénivelé et quelques km en plus. Clairement, le tracé n’est pas tout à fait exact, cependant ma montre a compté plus de 4200 M D+ sur ma section de 57 km et c’est tout de même beaucoup !

 

En bref, c'est très beau ! Juste pour info, il y avait 1500 partants. 925 sont arrivés dont 150 qui ont évité la dernière difficulté la côte de La Cade. le premier de la course termine en 11h29 et le dernier en 25h30 (3h15 de pénalité après déviation). Si je ne me blesse pas et si j’ai du temps, je pense que je vais me ré-inscrire pour l’année prochaine. A bon entendeur salut.

 

La leçon de cette histoire, c’est que parfois fatigue physique et mentale sont concomitantes et finalement il ne faut pas relancer trop tôt sur ce type de parcours et faire plus de longues côtes en préparation. Il me semble que je n’avais pourtant pas fait d’erreur de nutrition/boisson.

Commenter cet article

Laurence 23/10/2019 08:51

Bravo Pierre, et pour l'article, et pour ta performance, même écourtée !