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Saison 2019-2020

 

 

 

Plans d'entraînement

 

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Publié par Xavier

9h10 dernier Petit Lu. Nous nous élançons des Nefs des Machines de l’Ile à fond les Bignoux en guise de musique de départ. Machines inspirées de Jules Verne né à Nantes dont l’œuvre est constituée de romans d’aventure. La notre sera physique, elle va se fabriquer sur la route.

Les spectateurs applaudissent à tout rompre. Quelle joie de humer l’atmosphère nantaise à nulle autre pareille, de saluer des visages connus. Quelques minutes et nous débarquons sur le quai de la Fosse, quai portuaire que nous nommons « quai de la fesse » pour des raisons connues des seuls nantais.

Débute alors le Voyage au centre de Nantes…
Parc de Procé. Ça monte et ça remonte. Un passage devant le théâtre Graslin, descente de la rue Crébillon (les tous petits Champs Elysées), Place Royale, Nantes n’est pas plate, les jambes s’accélèrent, Nantes est belle, le haut du corps est bien droit.

Tenir la distance s’impose comme l’impératif absolu. Nous nous sommes tous entraînés pour ça. Des heures passées à Notre-Parc de Sceaux, les matinales du samedi (clin d’œil aux 2 compagnons du devoir) et des mercredis froids à tourner vite, en rond.

Pour le régional de l’étape, c’est compliqué dès le 3ème km. Température du corps anormalement haute, mal de crâne, tachycardie, jambes totalement absentes. Ce n’est pas normal. Pas ici, pas maintenant.

Nous franchissons l’Erdre par le pont de la Motte-Rouge. Visages familiers aperçus. Ils sont comme une dose de Stimium en beaucoup plus efficace. C’est au 8ème km que la cathédrale de Nantes s’offre à nous, magnifique cathédrale ! Se rattacher à son côté animal, avancer coûte que coûte sans perdre la foi, c’est tout ce qui compte. Marcel Saupin km 12, le stade mythique désossé du FC Nantes (pensées pour Henri Michel & Emiliano Sala). La science du mouvement, les canaris sont les poètes du ballon rond. Au-delà de la valeur individuelle, la valeur collective ; il y a comme un air de ressemblance avec une célèbre association de coureurs.

Le semi approche… Applaudissements aux 109 qui ont bouclé le leur !

Après avoir tergiversé pendant près de 10 km, c’est au 18ème km que le nantais prend sa décision. Il stoppera après le retour aux machines de l’île. Dans sa tête : « tu n’en peux plus, tu n’éprouves aucun plaisir, terminer la course dans ces conditions n’a aucun sens et s’il y avait danger... Tant pis, Arrête ! Arrête ça veut dire abandonne la Course ! »

Sur les marathons rien ne sert de partir à point, il faut courir.
19 ème km les chantiers navals d’où sortaient naguère les fameux Trois-mâts. Il tient bon la vague, tient bon le vent. Le regard porté sur les styles de coureurs l’aide un peu à oublier pour tenir le dernier petit km.  Il y a ceux dont les bras avancent plus vite que les jambes, il y a les doubleurs, les bourreurs, les râleurs, puis les douzaleur et les montraleurs. Quand le style comptera en course à pied comme au patinage artistique nous nous appliquerons…

Km 20 Terminus. Posté à l’arrivée le nantais a le bourdon, je ne vous dis pas … 3h17’08’’ Arnaud en ligne de mire.
Me voir en spectateur pourrait lui gâcher ne serait-ce qu’une once de plaisir de ce moment si particulier. Je me planque.

Ces derniers mètres ou l’on doit courir avec soi, pour soi, après soi, hors de soi, avancer ir-ré-mé-dia-ble-ment, se contraindre, s’obliger. Quand on a déjà vécu ça, quand on sait, on a simplement envie d’y être.  

Un immense bravo à toutes et tous pour les performances au semi et marathon sur un parcours loin d’être facile. Les Finishers et semi Finishers sont sacrés !

28 avril 2019 la ROUTE 109 était nantaise.

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Caro 06/05/2019 22:46

Coucou Xavier,

Quelle jolie plume !
A défaut de t'avoir vu courir...:),qu'il est bon de te lire !

Comme Arnaud, je signe pour ton premier livre dédicacé car ton récit de course est fort bien romancé.

Bien sûr que nous comprenons ton ressenti, mélange complexe de déception, de frustration mais en aucun cas de renoncement.
Tu as su t'écouter pour éviter sans doute bien pire et tu as eu tellement raison de le faire.
Tu aurais souffert tout le long du parcours et la sensation globale aurait été bien plus terrible encore.
De plus, à Nantes, pas l'ombre d'un pompier New-Yorkais pour te réanimer...

Tu n'as rien à prouver et ce petit grain de sable dans ta vie sportive sera bien vite oublié et compensé !!

Nous t'envoyons de belles ondes positives et reviens-vite papoter avec nous :)

Amine 02/05/2019 12:49

Beaucoup d'émotions et de déception transparaissent dans dans ton écrit Pour avoir vécu plus ou moins de l'intérieur, l'avant-course ....et le reste, je pense comme Arnaud que la pression et les attentes étaient trop trop fortes. Tu t'es mis beaucoup trop de stress et de pression qui, à mon avis, se sont répercutés sur ton corps, à tel point que tu en as été malade. On apprend de ses erreurs, je ne suis certes pas un exemple (préparez les kalash.) mais j'ai vu aussi à Nantes à quel point courir sans pression pouvait être bénéfique et positif. Merci encore pour ce week-end de partage, Tu reviendras plus fort sur tes terres ou ailleurs.Demain sera plus ensoleillé.

Arnaud 02/05/2019 10:49

Tu ne seras peut-être pas champion sur tes terres cette année mais tu es, et de loin, le roi de la plume !!
On ressent à la fois l'émotion mais aussi une certaine frustration de ne pas avoir été au bout.. La pression et les attentes étaient fortes peut-être trop..
En tout cas, je serai le premier à acheter ton livre « les récits de Javier »!!! Abso-LU-ment génial !

bernard 01/05/2019 19:34

Saloup le p'tit Lu

Que d'émotion dans ton récit .

Tu as raison toute la Route 109 était Nantaise : les Thoniens , les Semi- thoniens et tous les copains restés à la maison scotchés devant leur appli. La Nantaise est sympathique, joviale et chaleureuse mais pas facile. Quel plaisir cependant de retrouver à l'arrivée vos mines réjouies après tant de souffrance.

Ce WE était grand et les conditions de course idéales. Les 109 se sont éclatés sur ce parcours assez coriace mais si agréable. La poudre a tonné et les résultats étaient au rendez vous.

Ne sois pas triste matelot nous en aurons d'autres .

A très bientôt

Valérie S 01/05/2019 14:55

Merci pour ce compte-rendu chargé d'émotions ! Tu pourras recommencer avec l'envie décuplée..."Le fou court après les plaisirs de la vie et trouve la déception ; le sage évite les maux."
Tu es donc notre sage !...